Extrait de l’ouvrage à paraître
“Sauver notre société : utopie ou réalité ?
Les réponses de Martine Libertino par le biais de sa philosophie.”

Martine Libertino
Éditions Duchamps/2006

Les phénomènes psychiques et leurs thérapies
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“..Pourquoi les troubles comportementaux et leurs thérapies m’intéressent-ils tout particulièrement ?
Au cours de mes années de consultation, j’ai régulièrement reçu des patients présentant des symptômes de dépression et de maniaco-dépression. Précédemment traités par un psychiatre ou un psychothérapeute, souvent en cours de traitement, ils montraient, lors du premier bilan, que le résultat de ces années de thérapies – outre une meilleure possibilité à exprimer leur souffrance, quelquefois à mieux comprendre leurs problèmes – n’avait pas suffi à enrayer leur mal-être. Je dirais même que le contraire se passait puisque mes patients pouvaient assurément décrire une part de leurs difficultés, également certains aspects de leur enfance, mais n’avaient aucun moyen, aucune clef pour en sortir, d’où une angoisse latente face au fardeau non résolu de leur existence.
La plupart du temps, et dès la première consultation, un grand décalage existait entre ce que je commençais à leur proposer et ce qu’ils avaient retenu de leurs précédentes thérapies. Je constatais que, malgré des séances répétées – à raison d’une ou deux fois par semaine – et des traitements médicamenteux souvent très lourds, résultaient de cela passivité et dépendance, sans parler des conséquences désastreuses sur le plan physique.

Mes rapports avec les méthodes traditionnelles
Pendant vingt ans, confrontée à la détresse de patients ou de parents dans le désarroi le plus total, désireuse de respecter leur liberté, j’acceptais leur prise en charge alors qu’ils étaient déjà suivis par un psychiatre, en traitement dans un institut ou dans un hôpital psychiatrique. Ces derniers, pratiquant une thérapie traditionnelle, refusaient la plupart du temps de tenir compte du travail qui se déroulait dans mon cabinet alors qu’il donnait pourtant des fruits dignes de considération. Avec le temps et de nombreuses expériences, je constatais alors que cette tolérance n’était ni à l’avantage de mon patient ni à celui du déroulement de notre tâche. Un résultat débouchant sur un comportement plus équilibré, une prise d’autonomie génératrice d’assurance et de maturité, étaient systématiquement anéantis par une mise en garde craintive du psychiatre ou du psychothérapeute qui, incapable de faire confiance au pouvoir et aux capacités de réussite de son consultant, le maintenait dans une dépendance dont le principal enjeu devenait la prise de médicaments que j’estimais abusive et même dangereuse pour la réussite de la thérapie.

Je pris très rapidement conscience que le thérapeute, lui-même esclave de ses craintes et de la responsabilité qu’il n’osait endosser au cas où il arriverait quelque chose, préconisait souvent des hausses de médicaments alors que cela ne se justifiait nullement et que ce diagnostic n’était basé sur aucun fait réel augurant du danger à venir pour le patient ou son entourage.
Ces situations éprouvées tout au long de ces années m’ont amenée à plus de rigueur et d’exigence envers mes patients et leur psychiatre ou psychothérapeute en les engageant à travailler dans un esprit de partage et de responsabilité mutuelle donnant ainsi plus de force à notre thérapie. Dès lors, encadré par des thérapeutes solidaires et déterminés, le patient pouvait bénéficier d’une assistance équilibrée l’incitant fermement à renoncer à son rôle de victime inconsciente de ses actes. Dans le cas contraire, je préférais – et c’est encore le cas aujourd’hui – refuser une prise en charge qui aurait obligatoirement débouché sur de mauvais résultats et aurait obligé le patient à faire preuve de dissimulation envers l’un ou l’autre de ses thérapeutes. Par le biais de la formation de médiateurs que je propose depuis deux ans, de plus en plus de praticiens prennent conscience que traiter des symptômes est une étape permettant au patient de (re)trouver un confort physique et émotionnel passager, mais que cela ne peut en aucun cas prétendre guérir ou aider une personne à comprendre sa personnalité et à entamer ce long parcours de transformation – basé sur un travail méthodique pour chacune de ces personnalités – l’amenant à d’autres attitudes, plus adéquates.

Les enfants et la thérapie familiale
Ne pouvant tirer parti de traitements classiques, de plus en plus de parents inquiets sollicitent mon enseignement. Enfants, adolescents, jeunes adultes éprouvent rejet, angoisse, colère face à une société incapable de les rassurer. Les cas de déséquilibres psychiques sont, la plupart du temps, liés à un désordre d’ordre affectif partagé fréquemment par la famille, soumise aux mêmes blocages que ceux de leurs enfants : communication inexistante, problème de rejet, peur de l’inconnu, etc. La compréhension des causes de ce désordre, mais surtout la mise en pratique dans le quotidien de ma méthode de travail, permettent ce que certains appellent des miracles. Ces miracles ne sont en fait que des prises de conscience des véritables besoins d’une personne et de ses facultés à les respecter et à les faire respecter.
Ma première exigence est une pleine participation de la famille, car, comme je le mentionne précédemment, je n’ai observé à ce jour aucun enfant, adolescent ou jeune adulte soumis à des troubles psychiques, dont la responsabilité des parents ne soit pas mise en cause. Lorsque je fais référence à la responsabilité, il est évident que je ne parle pas d’erreurs conscientes basées nécessairement sur un manque d’amour, mais sur un déséquilibre émotionnel les conduisant à des attitudes injustes ou inadaptées. Dès sa naissance, le subconscient de l’enfant les interprétera avec ses peurs et en retirera ses critères d’identification – pour lui-même – et de classification – pour son entourage à venir. Ce constat confirme que la responsabilité des parents ne devra alors pas déboucher sur la culpabilité mais sur une réforme de leurs conduites découlant soit de négligences répétées à l’égard de l’enfant, soit d’un désir de le surprotéger qui, à la longue, le rendra égoïste et le fragilisera.
D’abord, cette nouvelle connaissance permettra aux parents de mieux cerner leurs problèmes personnels et, dans la plupart des cas, d’en constater les répercussions sur les attitudes et l’idéal de leur enfant. Ensuite, elle leur permettra d’admettre que le résultat final de l'enseignement reçu dépend surtout de sa motivation à s’en sortir et qu’ils ne sont pas obligatoirement les instigateurs de son malheur. Cette approche nouvelle aura pour effet de lui laisser toute liberté de se prendre en charge, de prendre également conscience de sa force et, dans bien des cas, de réaliser qu’il n’est pas responsable de ses parents.

Les problèmes psychiques doivent-ils être vraiment considérés comme des maladies ?
Ils sont en effet trop coutumièrement considérés comme des maladies et notre société traite souvent le patient en malade mental, et inexorablement victime de cette affection pour le reste de son existence. Une personne, présentant des symptômes de névrose ou de psychose, se comportera en effet d’une manière irrationnelle, présentant parfois des troubles confusionnels accompagnés de visions effrayantes faisant naître angoisse et agressivité.
Dans la majorité des cas, son extrême sensibilité, liée à sa crainte d’assumer la vie, l’incitera à rester imperméable aux règles de la bienséance. Dans son entourage social et familial, ce comportement éveillera alors incompréhension et crainte, inquiétude et culpabilité et en dernier lieu fuite et rejet.
Depuis de longues années, je constate à quel point notre société refuse d’admettre ce qu’elle ne peut – mais, surtout, ne veut – comprendre. Une personne perturbée par les épreuves de son enfance ou par une interprétation altérée de celle-ci sera d’autant plus ébranlée si certaines perceptions la conduisent à voir, entendre, ressentir ce qu’une personne rationnelle ne perçoit ni ne conçoit de percevoir. À la longue, son refus de s’aimer, son incapacité à exprimer ce qu’elle éprouve, les craintes et la culpabilité issues de ces handicaps, la conduiront à un sentiment d’isolement et d’exclusion aggravant ses angoisses. Dès lors, par l’entremise de son imagination, elle créera un monde à sa mesure peuplé d’hallucinations oscillant entre exaltation et dépression.

Allons-nous considérer les symptômes de ce patient et le traiter en malade – ce qui engendrera obligatoirement prise de médicaments et mise à l’écart de la société – ou serons-nous assez ouverts pour comprendre que ces symptômes ne sont que les résurgences d’un déséquilibre d’ordre émotionnel trouvant son origine dans son subconscient où, depuis sa plus tendre enfance, il éprouve peurs et colères ? Par contre, en lui expliquant les causes de son mal, nous l’aiderons à relativiser l’incohérence de son attitude et à découvrir les potentialités de sa personnalité ayant provoqué ces déficiences.
Soigner ses symptômes équivaudra à enrayer provisoirement sa douleur. Elle se propagera plus loin, le laissant frustré et affaibli. Lui montrer les véritables causes de sa souffrance équivaudra par contre à lui enseigner comment supprimer le mal-être de son âme en éduquant ce subconscient dont il croyait être l’esclave

Les troubles du comportement
Depuis quelques années, en pédopsychiatrie, des diagnostics très “tendance” à l’égard des enfants de cette génération voient le jour. Troubles de l’attention, hyperactivité et autres maladies. En outre, nombre d’adolescents et d’adultes sont de plus en plus considérés comme des maniaco-dépressifs. Aujourd’hui, nouvelle découverte : le trouble de la conduite dont les symptômes sont répertoriés par l’INSE. De quoi augmenter l’angoisse et la culpabilité des parents livrés aux seules compétences médicales reconnues. Nous en arrivons ainsi à inventer de nouvelles maladies qui permettront aux laboratoires de créer de coûteux médicaments. Ce que la psychiatrie appelle en général des troubles ne sont pourtant la plupart du temps que les effets apparents des interprétations émotionnelles de la personnalité de l’enfant, répondant d’autre part aux attitudes de son entourage et de son adhésion ou de son rejet de la vie.
Les générations précédentes, maintenant l’enfant dans une stricte conduite, l’empêchaient d’exprimer les besoins de sa personnalité et ne se questionnaient ni ne tenaient compte de ses difficultés émotionnelles. Aujourd’hui, notre crainte de faire subir une éducation trop restrictive à nos enfants nous conduit à leur donner une liberté d’expression ou d’action qui, bien qu’indispensable à l’évolution de notre société, n’en est pas moins dangereuse pour celui qui ne sait pas en saisir le sens. Livrés alors à eux-mêmes, face aux incohérences des adultes et de notre société, les enfants éprouvent une instabilité émotionnelle les conduisant à ce que la psychiatrie appelle des troubles du comportement. Le danger de cette démarche ne se situe pas tant dans le diagnostic – qui pourrait se justifier dans l’interprétation des attitudes – mais dans la thérapie qui s’ensuit et les prescriptions de médicaments, censées régler leurs problèmes.
Ces diagnostics, souvent sans fondement, deviennent dangereux et ne tiennent compte d’aucune réalité. Ils permettent néanmoins aux thérapeutes et aux parents de se rassurer, de se libérer de la peur et du fardeau que représente un enfant que l’on arrive ni à comprendre ni à maîtriser.

Au même titre qu’un adulte, un enfant sera capable de comprendre ses émotions, de s’expliquer pourquoi et de quelle manière son entourage le fait souffrir. Grâce à cela, il comprendra également que son subconscient, incapable de gérer lui-même les angoisses et les colères consécutives à sa situation affective, le conditionnera et le conduira à des comportements extrêmes ou irrationnels s’il le laisse prendre les rênes de sa vie. Dès lors, entrevoyant l’immense pouvoir qui l’anime, il sera apte d’abord à le rassurer, ensuite à fermement l’éduquer. Ce processus d’identification de sa problématique existentielle et de ses perspectives de retour à l’équilibre lui prouvera qu’il n’est ni malade, ni handicapé. Mais cela, pour autant que sa famille et son thérapeute acceptent cette réalité et l’aident à progresser dans la pleine connaissance de sa personnalité, des travers et des carences qui l’empêchent de trouver la paix. Ainsi, il sera capable de rétablir de justes attitudes et la maturité qui lui faisait défaut. Dans aucun de ces cas, une médication, de plus souvent très lourde, n’apportera de résultats probants. À l’exclusion d’une tranquillité illusoire sécurisant passagèrement les adultes.

Conclusion
En conclusion, il est vrai qu’un jeune agressif et turbulent, rejetant parents, études, société, et manifestant des troubles de la personnalité, perturbera un entourage fragile ou trop soucieux. Cependant, amour, humilité, compréhension, fermeté seront bien plus efficaces qu’une dose journalière de psycholeptiques qui, masquant ses symptômes, le rendront passif et dépendant. Le manque de détermination et le refus de prendre conscience de leurs propres lacunes émotionnelles rendront alors les adultes inopérants. En outre, ils risqueront d’encourager chez l’enfant une inclination naturelle à l’égoïsme, à l’intolérance ou à l’irresponsabilité, qui constitueront alors un frein à son rétablissement.

Que penser des instituts et hôpitaux psychiatriques
Je pense qu’une structure pour accueillir ces personnes, jeunes ou adultes, pourrait s’avérer utile et efficace à condition qu’elle les aide à comprendre et à gérer dignement leurs troubles émotionnels momentanés. Dans la plupart des cas, la manière dont fonctionnent ces institutions est aberrante car elles ne tiennent pas compte du principe que le comportement et les attitudes d’un individu – qu’ils soient déviants ou cohérents – découlent avant tout d’une personnalité ou d’un ensemble de personnalités bien définies dont les aptitudes et les lacunes, mal comprises ou ignorées, le conduisent au rejet, à l’incommunicabilité, aux problèmes de concentration, à la fuite, à la dépression, à l’angoisse et à la violence. Bien que le corps médical s’en défende, une personne ou un enfant, soumis à ce problème momentané, seront considérés comme des êtres à part dont les désordres psychologiques l’handicaperont à vie. Nous en avons pour preuve que lorsqu’un adolescent sort d’un institut, au même titre que pour un détenu, nous allons parler de réinsertion.

En outre, la médecine occidentale s’attache d’une part à l’étude de symptômes relevant des conséquences – non des véritables origines d’un mal – d’autre part, elle n’est basée sur aucune prévention. De plus, influencée par les grands laboratoires à l'affût de consommateurs de plus en plus nombreux, elle répond souvent à des phénomènes de mode révélateurs dont les effets vont à l’encontre de la santé mentale et physique de notre société. Il est vrai que, face à un patient présentant des symptômes hallucinatoires, perturbant son entourage par des propos incohérents et son agressivité, une prescription de psychotropes annulant rapidement tous ces effets, rassurera le thérapeute sur ses compétences et sa responsabilité envers la famille et la société. Nous voyons donc que ni science, ni médecine n’échappent au doute et à la peur : celle de la différence, de la responsabilité, du ridicule, des représailles. Un adolescent ou une personne pris dans ce circuit aura peu de chances d’en sortir car il sera bouleversé par son regard sur lui-même, par les pressions psychologiques. Le chantage, pesant parfois sur ses épaules et celles de sa famille, amplifiera ses problèmes émotionnels et sa peur. Sa mise à l’écart dans un institut, entouré de personnes subissant les mêmes traumatismes le conduira à l’exclusion, à la dépendance et à une vision altérée de ses obligations à l’égard de la collectivité. Il est vrai qu’à court terme, ce choix peut paraître à l’entourage plus facile à gérer. Pourtant, dans la plupart des cas où un enfant a suivi mon enseignement, le soutien ferme, généreux et une prise de conscience collective de la famille furent plus efficaces qu’une mise à l’écart dans un institut et qu’un excès de médicaments. La dose vertigineuse de médicaments auxquels sont soumis certains patients les rend inopérants et incapables de participer à un entretien. Une suppression appropriée et régulière de ces médicaments démontra à quel point ils étaient capables de comprendre leurs problèmes émotionnels, les conséquences de ces problèmes sur leurs réactions psychologiques et physiques, et d’agir sur leur subconscient qui ne demande qu’à être éduqué..”

*Formation de médiateurs
Formation initiale et continue pour chefs d’entreprise, cadres, intervenants humanitaires, thérapeutes,
parents et enseignants.
Pour institutions publiques et privées, entreprises, organisations humanitaires et de développement, associations d’entraide.
Préparation pour la création de cellules de crise
en Suisse et à l’étranger.

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Martine Libertino
“Sauver notre société : utopie ou réalité ?
Les réponses de Martine Libertino par le biais de sa philosophie.”
Éditions Duchamps
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Tous droits réservés pour tous pays


PRISE DE POSITION DE MARTINE LIBERTINO SUR LA DÉCLARATION DE LA CONFÉRENCE INTERCANTONALE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE DE LA SUISSE ROMANDE ET DU TESSIN


Extraits du bulletin du mois d’avril 2002 du Département de l’instruction publique et des affaires culturelles du Canton de Neuchâtel (DIPAC)

Déclaration de la Conférence Intercantonale de l’Instruction Publique de la Suisse romande et
du Tessin sur les finalités et objectifs éducatifs de l’école publique du 18 novembre 1999

...“3. observant avec inquiétude la détérioration de certains comportements, la multiplication d’incivilités et de violences à l’intérieur et à l’extérieur des écoles ;
4. considérant que l’École publique, institution fondamentale de notre société démocratique et de liberté, se doit de rester à même d’assumer dans notre pays et dans chacun de nos cantons sa mission d’instruction et d’éducation, toute sa mission d’éducation ;...”

Estime utile et nécessaire :
de réaffirmer avec vigueur les objectifs éducatifs assignés à l’École publique dans les cantons de la Suisse Romande et du Tessin et de confirmer les valeurs dont cette École a charge de promouvoir l’éveil et le développement auprès des enfants et de la jeunesse que les familles lui confient ;

d’annoncer les lignes d’action qu’elle entend promouvoir.


LES VALEURS ÉDUCATIVES ESSENTIELLES DONT L’ÉCOLE PUBLIQUE A CHARGE DE PROMOTION
“..partage un large fond commun de missions éducatives à remplir ainsi que de valeurs à promouvoir dans son action :
1. Le développement de la personnalité équilibrée de l’élève; de sa créativité et son sens esthétique.
2. Le développement du sens de la responsabilité à l’égard de soi-même et d’autrui, ainsi qu’à l’égard de l’environnement.
3. Le développement de l’esprit de tolérance et de coopération, le sens de la solidarité.
4. Le développement de la faculté de discernement et d’indépendance de jugement...”


LES LIGNES D’ACTION À PROMOUVOIR
“...2. Renforcer le partenariat avec les familles de manière à privilégier, dans la concertation, la complémentarité de l’action éducative de la famille et de l’institution scolaire.
3. Faire toujours d’avantage de l’école un lieu de respect de l’élève de tout âge dans sa personnalité propre et en devenir. Un espace où il peut être lui-même, écouté et pris en compte ; respecté par l’institution dans ses règles de fonctionnement et par ses partenaires. Un espace où il fait l’apprentissage de la considération et du respect d’autrui, de son maître et de ses condisciples...”


Ainsi la Conférence :
s’engage à inscrire dans les mandats et les programmes des institutions de formation des enseignants la tâche de proposer aux maîtres des offres de formation aux compétences relationnelles, à une meilleure connaissance de soi ainsi qu’au dialogue et à la coopération avec les parents ;
invite les autorités concernées à consacrer les moyens nécessaires à l’accomplissement de la mission de l’École ;...”


Prise de position de Martine Libertino
"Je pense que seuls des parents et des enseignants conscients de leurs propres problématiques, ayant fait eux-mêmes l’expérience de l’individualité, de l’indépendance de jugement, de la responsabilité et de la tolérance à l’égard de leur propre personne ainsi que de la confiance en leurs qualités seront capables de transmettre à leurs élèves les valeurs éducatives citées ci-dessus. Le cas échéant, malgré réformes et changements, les incivilités continueront et le système scolaire sera de nouveau la proie de méthodes répressives et culpabilisantes pour les adultes comme pour les enfants."


Rapport d’information du 23 août 2000 du Conseil d’État de Neuchâtel
au Grand Conseil relatif à la mise en place de mesures de lutte contre la délinquance juvénile intitulé : Délinquance juvénile et violence à l’école


Extraits :
“..Considérant l’augmentation de la délinquance imputable aux mineurs d’une part, le développement des comportements violents observé chez des élèves fréquentant l’école obligatoire..”

“..La problèmatique de la violence juvénile est, depuis 1995, l’objet de nombreuses études..”

“..Pour construire sa personnalité, l’adolescent se base sur des jugements extérieurs exprimés ou non. De cette image sociale découlera l’acceptation ou le rejet du monde qui l’entoure..”

“..La recherche de sa personnalité propre va de pair avec un rejet des valeurs de son entourage..”

“..La violence, rapportée par les médias ou exprimée par le cinéma, peut conduire l’adolescent fragilisé à la prendre comme modèle de fonctionnement..”

“..Si l’enfant n’a pas de limites, si l’on cède à tous ses caprices, dès qu’il sera confronté à ses premières frustrations, à l’école souvent, il répondra par une impulsivité non contrôlée : l’agression ou alors la soumission. L’école pourrait être un correctif important..”

“..Enfin il est évident que d’autres problèmes existentiels sont toujours à la base des actes de violence..”

“..On constate en particulier que 58% des délits ont été commis par des mineurs nés en Suisse..”“..Une forte proportion de mineurs agés de moins de 14 ans..”

“..Les responsables de l’action sociale de tous les cantons romands ont été interrogés, deux constantes reviennent. Premièrement, les autorités politiques réagissent partout après l’émergence d’un événement marquant l’opinion publique. Deuxièmement, une réflexion est actuellement en cours dans tous les cantons.

“..La pratique professionnelle met en évidence que la délinquance est le fait d’enfant ayant subi la violence ou, dans le meilleur des cas, vécu dans un environnement parental sans cadre clair. Il est de plus noté qu’une partie non négligeable des enseignants actuellement en charge de classes ont été formés dans le climat de non-directivité caractéristique des années 70-80..”

“..Les assistants sociaux déplorent que certaines écoles en arrivent à l’exclusion..”

“..Les professionnels de la lutte contre la violence des jeunes observent le désarroi de tous face aux notions d’autorité, de répression ou de justice. Notre société se cherche ; sa jeunesse le sent et grandit dans un climat d’insécurité..”


Prise de position de Martine Libertino

Ce rapport me paraît juste et sensé. D’une part, parce qu’il reconnaît, pour l’enfant, l’importance de la recherche de sa personnalité et d’autre part, parce qu’il souligne la possibilité pour l’école de l’aider à se corriger. Il tient également compte de ses problèmes existentiels et de son impulsivité face aux frustrations. Mais il ne traite pourtant que des symptômes et n’offre pas de véritables remèdes. Seule l’étude approfondie d’une personnalité et des attitudes découlant de ses programmations émotionelles permet, à long terme, de supprimer les véritables causes de ses maux.
Notre société se cherche parce qu’elle oublie trop souvent de se pencher sur l’essentiel. Chacune des entités qui la compose doit reconnaître son unicité en même temps que sa responsabilité envers les autres. Cette vérité est la première loi de la vie qu’il serait indispensable d’enseigner à nos enfants. En les aidant à découvrir l’efficacité de leur Conscience et à éduquer avec fermeté leur subconscient, les parents et les enseignants entameront alors un véritable travail de fond.


Mesures proposées (suite du rapport)

Mesure n° 1: Responsabiliser les familles
Interpeller le public par voie d’affiches et d’annonces rappelant que la violence juvénile est l’affaire de tous. Proposer un changement de comportement de la part du public et des parents, encouragé dans leurs responsabilités. Rappeler, durant les années suivantes, l’importance du message donné.
Selon les devis des entreprises de communication, cette mesure devrait coûter environ 190’000 francs la première année puis 150’000 francs annuellement. Cette somme figure au budget 2001 du service de la jeunesse.

Prise de position de Martine Libertino
Malgré la bonne volonté évidente de cette mesure, je ne lui octroie pas l’impact souhaité mais pense qu’elle risque de culpabiliser les parents sans leur donner les moyens réels d’aider leurs enfants.


Mesure n° 2: Développement de la communication et de relations sans violence dans les écoles
“..Il convient de préciser et de développer la mission éducative de l’école prévue par la loi (art. 10 de la Loi sur l’organisation scolaire) qui est possible et nécessaire..

“..permettre une réelle implication des familles..”

“..Ce resserrement des liens entre parents et écoles implique un soutien des instances politiques..”

“..Il convient en fait de trouver les pistes concrètes d’une collaboration active avec la société et la famille, de travailler ainsi en commun à l’instauration d’un climat de confiance entre éducateurs et parents..”

Le coût estimé est de 120’000 francs par année. Cette somme figure au budget 2001 du service de la jeunesse et y figurera durant les cinq prochaines années.

Prise de position de Martine Libertino
En lisant ces propositions, je me suis sentie submergée d’informations sans trouver de véritables solutions.
À juste titre, nous acceptons d’apprendre les matières scolaires à l’aide de techniques de travail. Pour que l’entente se fasse entre les parents et les enseignants, nous ne pourrons nous contenter de notre bonne volonté mais devrons apprendre à connaître nos possibilités de réactions et l’impact de ces réactions sur l’entourage. Sans techniques de travail, nous n’y parviendrons pas.

 


Conclusion (suite du rapport)
“..Si la situation actuelle n’est pas grave, elle est néanmoins sérieuse et il appartient aux pouvoirs publics de prendre des mesures avant qu’elle ne devienne incontrôlable..”

“..L’éducation conçue comme un éveil aux valeurs nécessaires pour la vie en société..”

Prise de position de Martine Libertino
Les pouvoirs publics ne peuvent apporter leur contribution qu’en permettant aux enseignants de travailler dans de bonnes conditions.
Quant aux valeurs nécessaires pour la vie en société, elles ne me paraissent applicables qu’à une condition : que l’être humain, parents, enseignants et enfants confondus apprennent à s’aimer. Il ne suffira pas de le dire. Il faudra leurs donner les moyens de le mettre en pratique.

 


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