“ Tant que l’homme n’apprendra pas à s’aimer et à se respecter, à comprendre ses véritables besoins, les guerres, les famines et les souffrances, la lâcheté et l’égoïsme continueront d’exister. L'humain est-il si mauvais qu’il ne peut être heureux avec lui-même et ne peut-il un jour devenir bon avec les autres ? De génération en génération, la guerre et les conflits générés par les problèmes émotionnels de la planète nous enlèvent tous droits au bonheur et nous empêchent de nous découvrir les uns les autres. Victimes de cela, nos enfants perpétuent également l’incompréhension et les malentendus menant à l’isolement.

Si nous prenons le problème d’une autre manière et cherchons les causes de ce mal – non dans la méchanceté de l’homme mais dans sa culpabilité – nous pourrions éradiquer avec succès les entraves empêchant notre bonheur.
Essayons de nous imaginer entièrement libres de toutes fautes, de toutes les conventions nous faisant redouter le regard de notre entourage. Sans culpabilité, l’homme ne perdrait-il pas sa tentation de toujours vouloir excuser ses errances et ses méchancetés ? Sans culpabilité, n’accepterait-il pas avec moins de réticences ses responsabilités et ne perdrait-il pas son inconscience et ses tendances à fuir une réalité qui, jour après jour, le poursuivent ?

Comme ses parents, l’enfant naît avec des dons et des qualités qui lui sont personnels. Ces dons et ces qualités, ressentis par son âme, lui permettront un plein épanouissement s’il en accepte l’authenticité et si, face à son entourage, il les assume pleinement. Cependant, pour parvenir à ce résultat, une connaissance parfaite de son monde intérieur et de son fonctionnement lui sera indispensable.
En lui, tant qu’il ne prendra pas conscience de cette réalité, deux êtres se confondront. Sa Conscience est la véritable élue de son cœur. Elle connaît ses besoins et les respecte. Reliée à son être divin, elle l’incite à la beauté, à l’amour et au pardon. Son subconscient est le réservoir de ses acquis émotionnels, le bourreau malheureux. Il refuse la vérité et, s’excusant ainsi de son étroite conception de l’existence, il charge la responsabilité des autres ou de la vie.
Face à ces deux personnages, même si les apparences lui démontrent le contraire, l’être humain est en pleine possession de ses moyens. Il est capable de les voir, de les entendre, de les comprendre et de tenir compte des appréciations du premier tout en éduquant patiemment le second.

Aujourd’hui, l’éducation de nos enfants ne leur permet pas de découvrir cet immense réservoir d’informations utile à leur épanouissement. De ce fait, par méconnaissance d’une substance qui, pourtant, depuis la nuit des temps, régit l’âme et la Conscience de l’homme, ces informations – aides au demeurant précieuses – deviennent leurs pires ennemies.
Les adultes que nous sommes connaissent bien la peur et la colère régissant nos réactions instinctives. Nous savons comment, depuis notre plus tendre enfance, nous retrouvons inlassablement les mêmes épreuves. Bien que nos rencontres et nos expériences changent de visage, les difficultés et les souffrances qui les accompagnent ne diffèrent pas vraiment.
Pour ceux qui se lancent dans la magnifique aventure de la découverte de soi et de ses possibilités de récompenses, année après année, la compréhension des programmations de leur subconscient et la motivation profonde de ne plus souffrir, fait œuvre de paix. Grâce à cela, le soulagement de découvrir une vie mieux adaptée à leurs besoins permet à leur personnalité d’en goûter la véritable splendeur.

Les problèmes inhérents à la violence intérieure des jeunes soumis à la colère, à la peur, au manque de confiance et d’amour, au mépris de leurs besoins fondamentaux d’une société trop pressée pour s’attarder sur les causes d’un mal dont on soigne depuis trop longtemps les symptômes, pourraient être canalisés dans une réflexion commune entre éducateurs et enfants. Cette réflexion porterait sur la possibilité d’un échange et d’une volonté partagés en vue d’améliorer les compétences de chacun dans tous les domaines, y compris celui de la découverte des potentialités réelles de chaque personnalité. À long terme, un travail continu aiderait les enseignants à retrouver des classes homogènes dans lesquelles enfants et étudiants se sentiraient peut-être plus motivés pour un parcours de leur vie mieux compris.

Endiguer la violence intérieure provoquée par la souffrance est un devoir. Il incombe aussi bien aux parents qu’aux éducateurs. L’intégrité de notre société, sa cohésion et le destin de la jeunesse en dépendent. Mais notre bonheur à tous n’en dépend-il pas ? Car notre regard d’aujourd’hui sur le monde de l’enfance ne peut souffrir de voir la pureté se ternir, le rêve s’évaporer. Devant un tel désarroi, chaque adulte se sentirait trop démuni. Il deviendrait la proie d’une culpabilité et d’une angoisse alimentant sa part de faiblesse.
Nous, parents et éducateurs, avons les moyens de rendre nos enfants heureux.

Extrait de l'ouvrage
“Réflexions sur l'éveil philosophique de nos enfants”
à l'usage des parents et des enseignants.
Éditions Duchamps 2002