Biographie de Martine Libertino

Martine Libertino naît le 8 février 1949 à Hauteluce, en France. D’origine italienne, elle passe la première partie de sa vie dans le Midi, où elle fait ses études primaires et secondaires ainsi que les Beaux-Arts. Elle vient au monde dans une famille qui lui témoigne très peu d’amour. Son enfance et son adolescence sont donc marquées de beaucoup de souffrances. Elle ne trouve auprès de ses parents aucune image positive du monde adulte, ni encouragement à développer ses qualités et ses dons. Alors que ces souffrances devraient éveiller colères et frustrations, elles ne font qu'amplifier sa compassion et son amour pour les plus faibles et pour l'humanité en général. De même, elles sont à l'origine de son goût pour l'écriture qui, avec la lecture, deviennent de véritables refuges, la poésie étant un exutoire de sa souffrance.

En 1968, à l’âge de dix-neuf ans, à la suite d’évènements douloureux, elle quitte sa famille et s'installe à Genève où elle exerce son métier de décoratrice avant de concrétiser sa vocation de peintre dans les années 70. A partir de 1975, elle vit de son art . Au début des années 80, de nouvelles épreuves l'amènent à découvrir un don de guérison qu'elle possédait depuis son enfance mais refusait de voir. Dès ce moment, en parallèle à sa carrière de peintre, plus à l'écoute de sa sensibilité et de sa spiritualité, elle consacre de plus en plus de temps au travail thérapeutique et publie son premier ouvrage "La voix spirituelle, réflexion et enseignement". Dès 1988, son savoir, qu’elle mettait au service de la guérison, évolue et se concentre désormais sur les problèmes liés plus directement à la psychologie de l'âme.

Son travail, centré sur les problèmes émotionnels des patients, attire un nombre croissant de personnes et force Martine Libertino à abandonner, pour un temps, la peinture. Au fil des consultations et des cas traités, elle élabore alors une typologie de personnalités, avec la description précise de leurs difficultés émotionnelles et, pour chacune d’elles, des techniques de travail à utiliser dans la vie de tous les jours. Convaincue que ses connaissances pourraient être bénéfiques à de nombreuses personnes désireuses de mieux comprendre leur fonctionnement, elle se prépare progressivement à les transmettre, en les couchant sur le papier, et à les enseigner.

En 1990, Martine Libertino donne naissance à son fils Jonathan. Cet événement, très important et synonyme de bonheur, l'amènera à se rapprocher du monde de l'enfance et à se préoccuper de manière grandissante du thème de l'éducation. La même année, elle publie son ouvrage "Recueil de prières et de méditations".

Martine Libertino consacre les années qui suivent à plusieurs types d’activités. Elle continue à dédier une grande partie de son temps à ses consultations thérapeutiques et reprend la peinture (plus abstraite qu'auparavant). Elle poursuit également son travail d'écriture et publie, en 1993, "Le jardin initiatique, voie de sagesse". C'est également au cours de cette période qu'elle commence à transmettre ses connaissances, d'abord sous forme de conférences et de séminaires consacrés à différents sujets de philosophie et thèmes généraux tels que la santé, le racisme, le couple, la famille, etc..

Par la suite, dès 1994, tout en maintenant les séminaires, elle crée sa formation de base (d'une durée de trois ans en cours mensuels) centrée sur l'enseignement de sa typologie des personnalités, de leurs "programmations émotionnelles" découlant de l'enfance et des techniques de déprogrammation permettant de dépasser les souffrances qui y sont liées. Ces cours se tiendront à Bienne, Neuchâtel, Genève et Lausanne pendant une dizaine d'années. Les ouvrages "La Philosophie de l'Être" (tome 1 et 2), parus respectivement en 1995 et 1999, contiennent les principaux éléments de cet enseignement.

Les années 90 marqueront aussi, pour Martine Libertino, le début d'un engagement important en faveur de la paix dans le monde qui se concrétisera par des interventions de médiation au plus haut niveau dans le conflit en ex-Yougoslavie. En 1992, elle lance une pétition pour demander la paix dans ce pays et récolte six mille signatures en quatre jours. Elle est sollicitée par l'Organisation des Nations Unies (ONU) à participer à une exposition itinérante en hommage à Bertha Von Suttner, première femme prix Nobel de la paix, et à d'autres femmes poursuivant les mêmes objectifs. Dans ce cadre, elle aura l'occasion de donner une conférence à l'ONU mettant en exergue les liens entre la paix intérieure (qu'elle enseigne au travers de la typologie des personnalités) et la paix au niveau mondial.

En 1994 et 1995, elle n'aura de cesse d'œuvrer en faveur de la paix en ex-Yougoslavie. Son action commence par la remise d'une lettre ouverte, accompagnée d'une pétition signée par six mille personnes, demandant la paix aux différents belligérants. Au cours des deux années suivantes, elle poursuit son action et rencontre régulièrement les ambassadeurs et représentants en poste à Genève de la République Fédérale de Yougoslavie, de la Slovénie, de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine et de la République Serbe de Bosnie. Elle mène également des actions auprès des présidents Milosevic, Izetbegovic, Karadzic et Tujman, ainsi qu'auprès des délégations négociant des accords de paix.

Sur invitation officielle du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), Martine Libertino se rendra également trois fois dans la région de Belgrade. Elle y rencontrera des artistes, philosophes, militants politiques opposés au régime et intervenants humanitaires qui la conforteront dans sa vision du conflit. Elle rencontrera également sa Sainteté le Patriarche Pavle 1er, chef de l'église orthodoxe et, sollicitée par les médias yougoslaves, aura l'occasion à plusieurs reprises de partager ses idées par le biais de la radio et de la télévision. À la suite de ces séjours, elle rédigera des rapports, notamment sur les conditions du peuple en Serbie et sur les conséquences des sanctions qui leur sont imposées par l'Occident. Ces rapports seront envoyés aux dirigeants du monde entier.

Convaincue que les puissances occidentales, en mettant l'ensemble du peuple serbe au ban des nations, manquent de neutralité et agissent par intérêt, empêchant par là-même de trouver une issue au conflit, elle alerte à plusieurs reprises les gouvernements du monde ainsi que l'ONU. Elle informe également les médias suisses et internationaux ainsi que de nombreuses personnalités telles que le Dalaï-Lama et le Pape. En 1994, ayant visité des camps de réfugiés et des hôpitaux, elle organise des actions humanitaires en Serbie et en Bosnie (récolte de produits alimentaires, médicaments, vêtements, argent, etc.) dont elle accompagnera l'acheminement sur place, en faveur de familles réfugiées serbes, croates, musulmanes et d'hôpitaux pour enfants.

Cette action d'envergure, consignée dans un livre paru en 1995 "La Yougoslavie sacrifiée, ou comment sacrifie-t-on les peuples sur l'autel de la raison d'état", eut une très grande importance dans le parcours de Martine Libertino. Elle confirma sa vocation à travailler pour la paix dans le monde, sa motivation et sa capacité à mettre son idéal en pratique au plus haut niveau. Par ailleurs, cette expérience confirma l'importance capitale de la neutralité d'un médiateur face à l'émotion générale qui risquerait d'influencer et de perturber sa compréhension d'un événement et d'un conflit.
Cette action lui donna également l'impulsion de concrétiser son rêve de créer une association pour l'encouragement de la sagesse et de la paix dans le monde.

En 1998, l'Association Duchamps-Libertino voit le jour. Cette association, se situant en dehors de toute ligne politique et religieuse, aura pour buts "…d'encourager l'entraide, la paix et la sagesse dans le monde, ainsi que toutes les actions cherchant à améliorer la reconnaissance des besoins de chacun et la communication lors de conflits entre les peuples, au sein des groupes et entre les personnes, dans les domaines de la santé, de la justice et de la pédagogie". Ses principes sont les suivants :
- "Ne pas combattre la haine mais encourager la paix dans le monde.
- Ne pas combattre le racisme mais inciter les êtres humains à se comprendre.
- Ne pas combattre l'égoïsme et l'intérêt mais enseigner la responsabilité envers les plus faibles.
- Ne pas combattre l'injustice mais encourager la véritable justice basée sur la neutralité de jugement et la sagesse".

Martine Libertino et l'Association Duchamps-Libertino mènent plusieurs actions dans le cadre des événements au Kosovo en 1999 et des attentats terroristes survenus aux Etats-Unis le 11 septembre 2001 (appels aux peuples du monde entier et aux dirigeants politiques notamment par le biais de lettres ouvertes, de courriers électroniques ayant circulé largement sur internet, d'entretiens avec des hauts fonctionnaires suisses, etc.)

A partir de 2002, leur travail se concentre d'avantage sur le monde de l'enfance et sur l'éducation. Cette motivation s'appuie sur le principe que la société ne trouvera pas d'amélioration tant que les individus qui la composent ne prennent pas conscience de leurs problèmes émotionnels et de leurs répercussions tant sur le quotidien que sur le gouvernement du Monde. Il apparaît ainsi primordial d'apprendre aux adultes à enseigner aux enfants la façon de se libérer des problèmes émotionnels qui, sans cela, les conduiront, sur un plan personnel et social, à de mauvais choix.

C'est ainsi qu'en 2002, l'Association lance une pétition pour l'introduction de cours d'éveil philosophiques dans les écoles primaires et secondaires. Reposant sur la philosophie de Martine Libertino et sur l'enseignement des différents types de personnalités, ils permettraient de répondre à de nombreux problèmes identifiés par la Conférence des Directeurs de l'Instruction Publique (CDIP), notamment celui de la violence.

En 2002, parallèlement à cette action publique et politique portée par l'Association, Martine Libertino publie les ouvrages "Réflexions sur l'éveil philosophique de nos enfants à l'usage des parents et des enseignants" et "Les contes imaginaires de Jonathan". À l'occasion de leur parution, elle donne également de nombreuses conférences et participe à plusieurs débats (dans différentes universités, librairies, salons du livre en Suisse et à l'étranger, etc.).

L'année 2003 marque un tournant dans la vie de Martine Libertino. Elle renoue avec la peinture qu'elle avait dû délaisser en faveur de ses activités humanitaires et met sur pied sa formation de médiateurs pour chefs d'entreprises, cadres, intervenants humanitaires, thérapeutes, parents et enseignants. Cette formation condense l'essence de sa philosophie, de son enseignement et de son expérience gagnée au fil de ses nombreuses années de pratique thérapeutique. Par cet enseignement, elle amène ses élèves à comprendre les attitudes issues de leurs émotions et les conséquences qui en découlent. Elle leur enseigne également le travail de médiateur et les qualités absolument indispensables à la résolution de toute forme de conflit, dans la vie familiale, professionnelle ou politique.

La formation s'adresse en particulier aux personnes occupant des postes à responsabilités et ayant la charge d'autrui. L'enseignement de base – trois séminaires de trois jours – est suivi par la formation continue – quatre jours par année – qui accompagne, soutient et permet la mise en œuvre des connaissances acquises.

En 2005, la diffusion de la philosophie de Martine Libertino se concrétise de plus en plus dans les actions de l'Association. Ces dernières visent la remise en question et la transformation progressive des pratiques de nos institutions, particulièrement dans les domaines de l'éducation et de la psychiatrie.

Pour ce qui concerne l'éducation, l'objectif de l'Association est de mettre en place un projet-pilote d'enseignement et de mise en pratique de cette philosophie, au sein de l'institution scolaire (publique ou privée). Son but est de permettre à l'enfant de mieux comprendre sa personnalité et ses dons, et d'apprendre à respecter celle et ceux des autres, afin de reconnaître le rôle que, plus tard, il aura à jouer dans sa vie personnelle et au sein de la société.

Par ailleurs, en 2006, l'Association crée son école d'éveil philosophique pour les enfants et les adolescents. Ces cours, dispensés en dehors des structures scolaires, dans différentes villes de Suisse romande et en France voisine, ont pour but de donner à l'enfant ou à l'adolescent des clés lui permettant de comprendre le sens de sa vie et de ses responsabilités envers ses proches et ce qui l'entoure. Ils se concentrent sur l'étude et l'analyse de règles d'éthique, de sagesse, de comportement et de mises en pratique quotidiennes. Ils seront donnés par des médiateurs ayant suivi la formation initiale et continue, en particulier la formation continue pour animateurs des cours d'éveil philosophique pour enfants et adolescents.

En ce qui concerne la psychiatrie, elle continue à enseigner son savoir et son expérience aux professionnels du domaine médical, dans ses conférences et à ses élèves dans le cadre de sa formation ou en entretiens privés.

Pour l'Association, ces deux domaines (éducation et psychiatrie) resteront des priorités à moyen terme. D'autres projets sont également prévus, tels la création de cellules de crise intervenant à l'étranger dans des contextes de conflits et l'élaboration d'un label d'éthique dans les entreprises.